Mercredi 26 août 2009
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Samedi 22 août 2009 : matinée marquée par le rituel du Joro (« dzourrou ») …
inoubliable !
Nous nous sommes mises en route vers 7h du matin pour la marche habituelle d’une heure pour rejoindre
le lac de Tampolo. Arrivées au village de Rantolava, nous sommes allées saluer le président de ce fokontany qui nous a indiqué le lieu de l’offrande, de l’autre côté du lac.
En fait, le Joro est un rituel malgache consistant à sacrifier un zébu pour les ancêtres afin
d’attirer leurs faveurs, surtout lorsque les villageois ont violé un interdit, c'est-à-dire un « fady » (tabou).
Autour du lac, la principale source de revenus économiques est la pêche. Mais elle n’est pas des pus
fructueuse actuellement. Les poissons se raréfient… De nombreux fady ont été violés et il faut rétablir l’ordre en honorant les ancêtres.
Un des fady du lac par exemple est la pêche à l’aide de moustiquaires. C’est interdit. Le problème
avec cette technique est que les bébés poissons sont également pris dans les fines mailles de ce filet improvisé ce qui entraîne une diminution des poissons dans le lac.
Nous avons donc pris place à bord de pirogues traditionnelles à balancier. Juste avant l’embarcation,
un villageois et ses enfants s’était retrouvée tout mouillés car leur pirogue avait coulé … rassurant !
Un jeune zébu (« omby ») est amené également de l’autre côté du lac. Pas de pirogue
malheureusement pour lui qui avant une mort certaine devra traverser le lac (profondeur < 1 m).
Les préparatifs de la cérémonie ont commencé dès l’aube. Une petite dizaine d’hommes défrichent à
grand coups de
machette l’arrière boisé d’une petite plage située pile en face des tombeaux.
Nous sommes très honorées d’voir été conviées au Joro, d’autant plus que l’événement ne s’est pas tenu
au lac depuis une centaine d’années ! L’accueil est formidable : nous sommes confortablement installées sur un banc, réalisé en quelques minutes à l’aide d’un tronc d’arbre travaillé à
la machette et de feuilles de bananier en guise de coussins ! Nous sommes alors aux premières loges.
Commencent alors les danses et les chants. La boisson traditionnelle, le Betsa-betsa, est servie dans
du bambou fraîchement coupé ou encore dans des feuilles de Bananier pliées en cornet. Ambiance magique.
Un espace est réservé aux ancêtres, il et fady d’y pénétrer pendant le rituel.
C’est alors qu’un jeune villageois soumet l’animal qui tombe à terre… Un autre garçon lui lie alors
les pattes. Ils le placent à terre, la tête sur un tas de sable, la gorge au dessus d’un trou creusé pour l’occasion, où le sang coulera et marquera à jamais ce lieu devenu sacré (les cornes
seront fixées à un arbre).
On ne va pas vous mentir, notre cœur a fait un bond ! Sans parler de la découpe méticuleuse de
l’animal défunt avant sa cuisson !
Ce qui est surprenant, c’est que le zébu ne s’est pas débattu. Cela signifie que les ancêtres ont
accepté le sacrifice et que la pêche sera meilleure, pourvu qu’on respecte les fady du lac.
La fête peut commencer !
Quelle journée unique et enrichissante !!!
En images :
Arrivée en pirogue
Pirogues à balancier traversant le lac
Découpe du Bamboo
Défrichage
Vazaha curieux
Betsa-betsa
Reçues comme des princesses !
Dégustation de Betsa-betsa
Un "verre" mis au vert !
Hmm...
... un régal !
Offrandes : Betsa betsa et rhum blanc
Remarquez le passage laissé aux ancêtres
Sortie des eaux
Mise à terre
Juste avant le sacrifice, le doyen du village appelle les ancêtres
Derniers instants ...
Lavage des vicères dans le lac
Cuisson au bidon
Pierrine, fidèle anthropologue, n'en perd pas une miette !
Aperçu des villageois: